Ce mois-ci, plusieurs sujets à retenir : Management fees; Un chauffagiste doit garantir la sécurité après son intervention, Salarié et auto-entrepreneur , Réforme de la procédure d'injonction de payer

Éclairages sur le droit des affaires et de l’immobilier mars 2026

Actualités

Bonjour à toutes et à tous,

Nous sommes heureux de vous retrouver pour ce nouveau numéro consacré aux actualités en droit des affaires et en droit immobilier.

Ce mois-ci, quatre sujets à retenir :

  • Management fees : une rémunération sous conditions : verser des honoraires à ses dirigeants via une société est possible, mais seulement si la décision a été formellement actée ;
  • Un professionnel du chauffage doit garantir la sécurité de l'installation après son intervention, sous peine d'engager sa responsabilité ;
  • Salarié et auto-entrepreneur : attention lancer une micro-entreprise qui concurrence votre employeur peut suffire à justifier un licenciement pour faute grave ;
  • Réforme de la procédure d’injonction de payer : les délais sont raccourcis et les exigences renforcées pour les créanciers.

Bonne lecture !

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Management fees : quand la holding rémunère le dirigeant à la place de la société

Le saviez-vous ?

Une société peut choisir de rémunérer ses dirigeants via une holding plutôt que directement. Mais cette liberté a un prix : pour que ces versements soient déductibles fiscalement, la société doit être en mesure de prouver qu'elle a expressément décidé d'opter pour ce mécanisme.

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Ce que cela signifie :

Plutôt que de rémunérer directement ses dirigeants, une société peut verser des honoraires à des sociétés qu'ils détiennent et les rémunérer ainsi de manière indirecte. Cette pratique, appelée management fees, est légale mais elle est souvent contestée par l'administration fiscale.

Une société qui avait eu recours à des management fees, s’est vu refuser la déductibilité de ces sommes par l’administration qui a estimé qu'il s'agissait d'un acte anormal de gestion.

Le Conseil d'État conteste la décision de l’administration et valide le principe de la déductibilité des management fees mais pose une condition stricte : la société doit avoir expressément décidé de rémunérer le dirigeant de cette façon, il ne suffit pas de constater que les honoraires correspondent aux anciennes rémunérations. Sans cette preuve, la déduction peut être remise en cause.

Le conseil Cassius :

Si vous recourez aux management fees :

  • Rédigez des procès-verbaux actant explicitement la volonté de rémunérer indirectement le(s) dirigeant(s) ;
  • Assurez-vous que les montants versés soient proportionnés au travail effectivement réalisé ;
  • Conservez tous les justificatifs démontrant la réalité des services rendus ;
  • En cas de contrôle fiscal, faites appel à un avocat.

CE, 9e ch., 12 févr. 2026, n° 500842, SAS Kerac

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Entretien d’une chaudière : le professionnel est tenu de garantir la sécurité de l’installation

Le saviez-vous ?

Après l'intervention d'une société d'entretien sur une chaudière, tout incident survenant par la suite engage sa responsabilité de plein droit.

Ce que cela signifie :

Lorsqu'une société intervient pour entretenir ou réparer une chaudière, elle ne doit pas seulement faire de son mieux : elle doit garantir la sécurité de l’installation après son passage.
Dans l’affaire jugée, une société d’entretien était intervenue quelques jours avant un incendie survenu dans un immeuble, dont l’origine a été localisée dans la chaudière.

Les juges avaient d’abord écarté la responsabilité de la société. Mais la Cour de cassation rappelle qu’un professionnel de l’entretien est tenu à une obligation de résultat en matière de sécurité.

Autrement dit, en cas de dysfonctionnement après son intervention, sa responsabilité est présumée engagée. Il ne peut s’en exonérer qu’en démontrant l’existence d’une cause étrangère (événement imprévisible, irrésistible et extérieur). À défaut, il reste responsable.


Conseils Cassius :

Si vous êtes propriétaire ou gestionnaire d'immeuble :

  • Faites appel à des prestataires qualifiés et assurés pour l'entretien de vos équipements de chauffage ;
  • Conservez tous les rapports d'intervention et d’entretien ;
  • En cas de sinistre, faites constater rapidement les dommages et n’hésitez pas à engager la responsabilité du prestataire avec l’aide d’un avocat.

Si vous êtes une société d'entretien :

  • Documentez précisément chacune de vos interventions ;
  • Assurez-vous d'être correctement couvert par votre assurance responsabilité civile professionnelle ;
  • Ne quittez jamais les lieux sans vérifier le bon fonctionnement de la chaudière.

Cass. 1ere civ., 28 janvier 2026, n° 24-15.298

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Salarié et auto-entrepreneur : quand votre projet personnel peut vous coûter votre emploi

Le saviez-vous ? :

Créer une micro-entreprise qui fait concurrence à l’activité de votre employeur peut constituer une faute grave, même si vous ne lui avez causé aucun préjudice.

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Ce que cela signifie :

Un salarié peut cumuler plusieurs activités, mais il reste tenu à une obligation de loyauté envers son employeur. Il ne peut donc pas exercer une activité concurrente à celle de son employeur, même en dehors de son temps de travail.

La Cour de cassation adopte une position stricte : le simple fait de proposer des services similaires à ceux de son employeur suffit à caractériser une faute grave, peu importe que l’activité ait généré peu ou pas de chiffre d’affaires, ou qu’elle ait été exercée sans utiliser les moyens de l’entreprise.

La sanction est lourde pour le salarié : il s’expose à un licenciement pour faute grave, qui le prive de ses indemnités de préavis et de licenciement.


Conseil Cassius :

Si vous souhaitez lancer un projet entrepreneurial :

  • Vérifiez votre contrat de travail : une clause d'exclusivité peut vous interdire d’exercer toute autre activité professionnelle ;
  • Évitez toute activité susceptible de concurrencer votre employeur ;
  • En cas de doute, consultez un avocat pour sécuriser votre projet.

Cass. soc., 14 janvier 2026, n° 24-20.799

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Réforme de l’injonction de payer : une procédure plus rapide mais plus stricte

Le saviez-vous ?

La procédure d’injonction de payer évolue : les délais sont raccourcis et les exigences renforcées pour les créanciers.

Ce que cela signifie :

Le décret n°2026-96 du 16 février 2026 modifie en profondeur la procédure d’injonction de payer. Il entrera en vigueur à compter du 1er avril, mais ses dispositions ne s’appliqueront qu’aux ordonnances rendues à compter du 1er septembre 2026. Cette procédure permet à un créancier, après une tentative amiable restée infructueuse, de saisir le juge par requête sans que le débiteur soit présent, afin d’obtenir une décision de justice pour recouvrer sa créance.

Pour y recourir, la créance doit :

  • Certaine : son existence ne doit pas être sérieusement contestable ;
  • Liquide : son montant doit être déterminé ;
  • Exigible : elle doit être arrivée à échéance.

L’une des principales évolutions concerne la réduction du délai de signification : le créancier dispose désormais de 3 mois (contre 6 auparavant) pour signifier l’ordonnance au débiteur, sous peine de caducité.

La réforme permet également d’agir plus rapidement : en l’absence d’opposition, le créancier pourra engager des mesures d’exécution forcée dès l’expiration d’un délai de 2 mois après la signification.

Enfin, en cas d’opposition, le créancier devra impérativement produire l’acte de signification à l’audience. À défaut, sa demande pourra être déclarée irrecevable, et non plus simplement régularisée.


Conseils Cassius :

Si vous avez une créance impayée :

  • Mettez en demeure votre débiteur de vous régler par lettre recommandée avec accusé de réception ;
  • Réunissez tous vos justificatifs (devis, contrats, factures, etc.) avant de saisir le juge ;
  • Respectez strictement les délais, notamment pour la signification de l’ordonnance ;
  • Faites-vous accompagner par un avocat pour sécuriser vos démarches.

Décret n° 2026-96 du 16 février 2026

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Pour toute question ou accompagnement sur ces sujets, n’hésitez pas à nous contacter !

Retrouvez-nous le mois prochain pour votre veille juridique mensuelle en droit des affaires et en droit immobilier.

L'équipe Cassius Avocats

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